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11/24/2007
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Barbara
Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t'ai croisée rue de Siam Tu souriais Et moi je souriais de même Rappelle-toi Barbara Toi que je ne connaissais pas Toi qui ne me connaissais pas Rappelle-toi Rappelle-toi quand même ce jour-là N'oublie pas Un homme sous un porche s'abritait Et il a crié ton nom Barbara Et tu as couru vers lui sous la pluie Ruisselante ravie épanouie Et tu t'es jetée dans ses bras Rappelles-toi cela Barbara Et ne m'en veux pas si je te tutoie Je dis tu à tous ceux que j'aime Même si je ne les ai vus qu'une seule fois Je dis tu à tous ceux qui s'aiment Même si je ne les connais pas Rappelle-toi Barbara N'oublie pas Cette pluie sage et heureuse Sur ton visage heureux Sur cette ville heureuse Cette pluie sur la mer Sur l'arsenal Sur le bateau d'Ouessant Oh Barbara Quelle connerie la guerre Qu'es-tu devenue maintenant Sous cette pluie de fer De feu d'acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras Amoureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé C'est une pluie de deuil terrible et désolée Ce n'est même plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crèvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien
Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)

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11/23/2007
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Très heureux anniversaire ma fille chérie !
Lorsque l'enfant paraît
Lorsque l'enfant paraît le cercle de famille Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être ? Se dérident soudain à voir l'enfant paraître, Innocent et joyeux.
Enfant vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Qu'on ose pas toucher, Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire On rit, on se récrie, on l'appelle et sa mère Tremble à le voir marcher...
Les yeux des enfants ont une douceur infinie, Et leur petites mains, joyeuses et bénies, Ignorent le mal encore ! Jamais, vos jeunes pas n'ont touché notre fange, A l'auréole d'or !
La nuit lorsque tout dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend parfois une petite voix qui pleure, Sur des ailes d'azur, Sans le comprendre encore, vous explorez le monde. Double virginité : corps où rien n'est immonde, Ame où rien n'est impur !
Il est si beau l'enfant avec son doux sourire, Ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir. Dans le mal triomphant : Préserve-moi Seigneur, d'été sans fleurs vermeilles, De cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles, D'une Maison sans enfants ...
VICTOR HUGO
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11/16/2007
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Tout le monde a une mémoire photographique.
Quelques-uns n'ont pas la pellicule.
Les factures voyagent plus vite
à travers le courrier que les chèques.
Les discours les plus courts sont souvent les moins longs.
La facilité de parler est souvent l'impuisance de se taire.
Les gens les plus constipés sont souvent les plus chiants !
Partir, c'est mourir un peu ..... mais mourir,
c'est partir beaucoup

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11/8/2007
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Un dahlia
  Courtisane au sein dur, à œil opaque et brun S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un bœuf, Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.
Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun Arôme, et la beauté sereine de ton corps Déroule, mate, ses impeccables accords.
Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu'au moins Exhalent celles-là qui vont fanant les foins, Et tu trônes, Idole insensible à l'encens.
- Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur, Élève sans orgueil sa tête sans odeur, Irritant au milieu des jasmins agaçants !
 
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11/1/2007
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L'homme absurde est celui qui ne change jamais. Clemenceau (Georges)
L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites. Camus (Albert)
Quel aspect présenterait la vie si elle n'était pas dénuée de sens? L'insignifiance absolue est la base sur quoi elle repose. Lagerkvist (Pär)
Le cœur ne mène pas si vite à l'absurde que la raison à l'odieux. Rostand (Jean)
De ce que rien n'est intelligible, il ne s'ensuit pas le droit de conjecturer l'absurde. Rostand (Jean)

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